Les échanges de biens entre la France et le Panama en 2019

Résumé : La bonne performance des exportations françaises vers le Panama, combinée à des importations structurellement très marginales, donne lieu à un excédent notable de 562,6 M EUR (CAF/FAB), portée notamment par des exportations d’aéronefs. En 2019, la hausse continue des exportations vers le Panama confirme la position du Panama comme un des clients majeur de la région Amérique Latine.

Les exportations françaises vers le Panama enregistrent une hausse significative en 2019 pour dépasser de 26,1 % leur niveau de 2018. Elles se sont établies à 577 M EUR (FAB), ce qui fait du Panama notre sixième client en Amérique latine. Il est important de mentionner que depuis 2014, les exportations vers le Panama n’avaient plus dépassé les 332 M EUR (FAB), démontrant une nouvelle dynamique du marché local et de la présence de grandes entreprises françaises au sein du marché panaméen. Sur les neuf premiers mois de 2019, la France confirme sa place comme premier pays européen fournisseur de la Zone Franche de Colon (2e zone de réexportation au monde) et comme 7e pays au niveau mondial fournisseur de cette zone.

1. Une renaissance du dynamisme des flux commerciaux, notamment à l’exportation

En 2012 et 2013 les exportations françaises vers le Panama s’établissaient a plus de 800 M EUR, couplées à un niveau d’importations encore très marginal, dégageant un excédent commercial de plus de 800 M EUR ; à partir de 2014, les exportations françaises se sont fortement repliées, s’établissant à 295 M EUR, représentant une baisse de 63,8% par rapport à 2013. Cette diminution des exportations s’est stabilisée jusqu’en 2016, pour ensuite retrouver un dynamisme des flux commerciaux, notamment à l’exportation à partir de 2017.

Malgré la baisse constatée entre 2014 et 2016, les exportations françaises vers le Panama restent dynamiques, pour atteindre en 2019 577 M EUR, +26,1% par rapport à 2018. Cette hausse est essentiellement portée par « les aéronefs et engins spatiaux » qui ont connu une augmentation très importante entre 2018 et 2019 de 60,9%, pour atteindre 304 M USD (contre moins de 200 K EUR en 2017 / Fourniture de 4 ATR à une compagnie mexicaine dont le siège est à Panama), représentant 52,8% des exportations françaises vers le Panama. Le second poste des exportations françaises vers le Panama sont les « parfums et produits pour la toilette » qui, malgré une baisse de 2,4%, par rapport à 2018 représentent 14,4% du total des exportations françaises (à 83 M USD). Une partie de ces exportations s’explique notamment par la présence de l’Oréal au Panama. Les « produits pharmaceutiques », bien qu’ayant connu une légère baisse en 2018, sont en hausse en 2019, avec une augmentation de 19,7% (à 59 M USD), se maintenant comme le 3e poste des exportations françaises vers le Panama. Enfin les exportations de « boissons alcoolisées distillées » connaissent une légère augmentation en 2019, occupant le quatrième poste d’exportations françaises, passant de 43,8 M EUR en 2018 à 44,3 M EUR en 2019.

En ce qui concerne les contributions importantes mais encore isolées du commerce extérieur au Panama en 2019, les « autres produits chimiques » qui, en 2019 comptabilisent 8 M USD, soit une hausse de 3,7% par rapport à 2018 (à 7,7 M USD). Les « vins de raisin », comptabilisent 6 M USD, soit une hausse de 8,1% pour atteindre 6 M USD en 2019, alors que ces exportations avaient connu une baisse importante en 2018 de 17,9%. Enfin les « machines pour l’extraction ou la construction » ont connu une hausse significative de 50% en 2019, pour atteindre 5,3 M USD (contre 3,5 M USD en 2018 / fourniture d’équipements de concassage à Cobre Panama) alors qu’une baisse notable avait été notée en 2018 de 58%.

Concernant les contreperformances ponctuelles, on observe le déclin important des exportations de « locomotives et autre matériel ferroviaire roulant » (-92,8%), il est à rappeler que la hausse des exportations de ce dernier poste en 2017 et 2018 s’expliquait notamment par l’activité d’Alstom (matériel roulant de la ligne 2 du métro, aujourd’hui achevée). Des baisses significatives sont également observées pour : « les articles de joaillerie et bijouterie » (-94,2%) et le poste « travaux de fonderie et de fonte » (-97,3%)

Les données des douanes panaméennes situent pour les 9ers mois de 2019 (données disponibles jusqu’à septembre 2019) les importations venant de France et destinées au marché local à un niveau de 126,5 M USD, légèrement en hausse par rapport à la même période étudiée en 2018 (119,9 M USD), représentant une hausse de 5,5%. Sur les 9ers mois de 2019, selon les douanes panaméennes les exportations de produits français vers la Zone Libre de Colon sont de 154,5 M USD, soit une légère baisse par rapport aux 9ers mois de 2018 (166,9 M USD ; -7,4%), marquant pour la deuxième année consécutive une stagnation de l’activité de la zone. La France conserve sa position concernant les pays fournisseurs de la Zone Franche de Colon, pour se classer au septième rang mondial et au premier concernant les fournisseurs européens.

Selon les données des douanes françaises, le Panama se place en 2019 au 6ème rang parmi nos exportations en Amérique Latine (même position que 2018) et de loin au 1er rang en Amérique Centrale.

2. Malgré une légère hausse des importations panaméennes, le Panama reste un pays fournisseur « en marge »

Les importations de produits panaméens demeurent très marginales. Elles ont connu une baisse de 25,7% pour atteindre 13,9M EUR en 2018. Le Panama reste un fournisseur moindre pour la France au sein de la région Amérique Latine se plaçant en 23e position, derrière la Jamaique et le Guyana et au 6ème rang en Amérique Centrale. Cela est principalement dû au faible appareil productif panaméen, qui reste un pays fortement importateur.

Alors que le « matériel de levage et de manutention » n’avait connu en 2018 aucune importation, en 2019, ce matériel est devenu le premier poste d’importations vers la France, comptabilisant 1,9 M EUR (réexpédition en France d’une partie des équipements de Vinci Construction qui a terminé le chantier du 3ème pont de Panama en 2019). Les importations « d’huiles et graisses » s’établissent à 1,9M EUR (+14,6% par rapport à 2018) se classant en deuxième position des importations vers la France. Alors que les « préparations et conserves à base de poisson et de produits de la pêche » étaient le premier poste d’importations vers la France en 2018, comptabilisant 3 M EUR, ces dernières ont fortement chuté pour s’établir seulement à 1,6 M EUR, soit une baisse de 48,2%, se classant comme le troisième poste d’importations. Enfin le quatrième poste d’importations est les « chaussures », enregistrant 1,5M EUR, malgré une baisse de 9,5% par rapport à 2018. Les importations de « fruits tropicaux et subtropicaux » ont quant à elles fortement diminué en 2019 de 64,5% pour s’établir à 660 K EUR (Vs 1,9 M EUR). La même tendance est constatée pour les « boissons alcoolisées distillées » avec une baisse de 8,5%, à 994 K EUR.

Echanges commerciaux France-Panama
Echanges commerciaux France-Panama

Publié le 26 février 2020

Relations politiques

La naissance de l’Etat de Panama étant indissociable de la construction du canal, l’œuvre de notre compatriote, Ferdinand de Lesseps constitue un patrimoine commun. Notre relation bilatérale avec le Panama s’est développée un peu plus chaque année et a notamment pris une nouvelle dynamique après la sortie de ce pays de notre liste des Etats non coopératifs en matière fiscale (2012).

Le déplacement du Ministre au Panama en février 2013 et l’audience accordée par le Président de la République à son homologue panaméen le 31 mai 2013, ont posé les jalons d’une relation que nos deux pays considèrent être « au beau fixe ». Notre relation avec le Panama s’articule autour de deux priorités : la diplomatie économique et la coopération dans les domaines de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur.

 

Les relations bilatérales franco-panaméennes se sont dynamisées en 2013

  • 22-23 Février 2013 : visite du Ministre Laurent Fabius à Panama dans le cadre de son premier déplacement en Amérique latine (Pérou, Panama, Colombie). Cette visite avait comme objectif de mettre en lumière l’importance des échanges commerciaux et des investissements français existants et à venir, ainsi que l’intérêt d’un dialogue politique. Le Ministre s’est entretenu avec le Président Martinelli, avec M. Alvarez de Soto, ministre en charge des Relations extérieures (avec lequel il a signé un mécanisme établissant des consultations politiques bilatérales), et avec M. Jorge Quijano, administrateur du Canal de Panama.
  • 31 mai 2013 : visite officielle du Président Martinelli à Paris et entretien avec le Président de la République et le Président du Sénat.
  • 7 juin 2013 : visite de la ministre panaméenne de l’Education, reçue par Mme Pau-Langevin, dans le cadre du renforcement de notre coopération universitaire et technologique (mise en œuvre, avec l’Institut Français d’Amérique centrale, du programme « Panaprotec » de formations supérieures technologiques, cf. infra).
  • 26 juillet 2013 : visite de Fernando Nuñez Fabrega, ministre panaméen des Relations extérieures, reçu par le Ministre (pour un premier entretien depuis sa nomination le 26 février dernier), suivi par la signature d’un accord aérien franco-panaméen.

 

 

Relations économiques

La négociation de la convention en vue d’éviter les doubles impositions et de prévenir l’évasion et la fraude fiscales en matière d’impôts sur le revenu a abouti (le projet de loi de ratification a été présenté au Parlement français et voté le 21 décembre 2011), et est entrée en vigueur le 1er février 2012. Aujourd’hui, le Panama ne figure plus sur la liste française des Etats et territoires non coopératifs en matière fiscale (arrêté du 4 avril 2012).

La présence économique de la France dans ce pays s’est fortement consolidée depuis les années 2000 (échanges commerciaux, investissements directs et grands contrats) : le Panama représente aujourd’hui notre 5e débouché dans cette région (exportations globales). Suivant une tendance qui va crescendo, nos entreprises ont pris part à de nombreux projets de grande ampleur, accompagnant le développement du Panama : contrat pour la construction d’une station d’assainissement des eaux remporté en 2009 (Degrémont), première ligne de métro en 2010 (Alstom, Thalès), troisième pont sur le canal fin 2012 (Vinci), extension/maintenance de ligne 1 du métro en 2013-2014.

Selon les douanes françaises, nos échanges commerciaux (834 M€) avec le Panama (marché domestique et Zone franche de Colon) se sont légèrement contractés (-5,8 %) par rapport à 2012, en raison d’une baisse de nos exportations (-6,5 %) et d’une hausse de nos importations (17 M€), ces dernières restant modestes. L’excédent structurel de nos échanges à l’avantage de la France demeure toujours important (817 M€ en 2013 si on compte la vente d’un navire). Les exportations françaises ont presque doublé sur les dix dernières années, jusqu’à franchir en 2013 la barre des 300 M d’euros. La légère contraction de nos échanges commerciaux avec le Panama, pris dans leur intégralité, a dissimulé une forte progression de nos exportations courantes vers ce pays, celles reflétant la réelle demande de Panama adressée à notre pays.

Les investissements français sont en forte croissance et relativement diversifiés : estimés à environ 800 M€, ils sont le fait de près de 20 filiales de grands groupes (dont GDF-Suez, BNP-Paribas, Sanofi-Adventis, l’Oréal, Alstom, Michelin, Schneider Electric, Bouygues, Total, Air France-KLM). Une moitié de ces grands groupes s’est implantée au Panama au cours des cinq dernières années et la plupart utilisent le Panama comme plate-forme régionale d’action et d’animation de leurs réseaux de filiales et de clients dans la région, tout en gardant un regard sur le marché local.

GDF-Suez qui emploie plus de 1800 personnes au Panama est le principal investisseur français dans ce pays. Il est le second pourvoyeur d’énergie sur le marché panaméen et a débuté récemment des travaux pour la construction d’une centrale hydro-électrique. En octobre 2009, la filiale de Suez Environnement, Degrémont, et le constructeur brésilien Odebrecht, ont lancé un projet prévoyant la conception, la construction et l’exploitation pendant 4 ans d’une station d’épuration des eaux résiduaires urbaines de la capitale. Celle-ci a été inaugurée en août 2013.

La réalisation de la première ligne du métro de Panama vient de s’achever : le premier métro centraméricain a été inauguré au printemps 2014. Ces travaux étaient confiés à un consortium franco-brésilo-espagnol, ce qui a permis au groupement d’entreprises françaises réunissant Alstom, Thales, Cim, Tso, Sofratesa, et Systra de prendre part à ce projet emblématique de l’amélioration des infrastructures panaméennes.

À la suite des négociations menées depuis plusieurs mois et grâce à l’appui financier du gouvernement panaméen, Air France propose trois fréquences hebdomadaires directes à destination de Panama-city au départ de Paris-Charles de Gaulle depuis le 25 novembre 2013. Le 26 juillet 2013, les ministres français et panaméen des Affaires étrangères avaient signé un accord bilatéral relatif aux services aériens entre les nos pays, afin de permettre cette ouverture de ligne.

 

 

Coopération culturelle, scientifique et technique

La coopération française avec le Panama s’inscrit dans le cadre de notre coopération régionale, dont les deux priorités sont l’axe gouvernance/sécurité/droits et l’homme et une politique d’influence fondée sur l’éducatif, le linguistique et la coopération universitaire et scientifique.

Un protocole additionnel à l’Accord de coopération franco-panaméen du 10 janvier 1967 a récemment été signé entre nos deux pays : il permet une dérogation à la loi panaméenne qui limite à 10 % le nombre d’employés d’origine étrangère dans notre actuel établissement scolaire, mais aussi la mise à disposition de l’AEFE, d’un terrain du gouvernement panaméen pour la construction d’un nouveau lycée français. Le réseau culturel français se compose d’un établissement scolaire (lycée Paul Gauguin, 212 élèves) et de deux Alliances françaises (Panama et David, 800 élèves).

La France et le Panama ont récemment impulsé une nouvelle coopération en matière de formation professionnelle. L’objectif du programme « Panaprotec » est de développer des formations initiales et continues de techniciens et de techniciens supérieurs dans le domaine de la maintenance ferroviaire, de l’énergie et du Bâtiment Travaux Public, destinées à préparer une insertion professionnelle des jeunes panaméens.

Enfin, sous l’impulsion de notre ambassade, le Musée du Canal interocéanique de Panama a accueilli, de décembre 2012 à mars 2013, une exposition de grande ampleur « Paul Gauguin, le rêve de Panama », dont le Commissariat a été confié à André Cariou (Directeur du Musée des Beaux-Arts de Quimper).

http://institutfrancais-ifac.com